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Mathilde : "A 29 ans, j’ai osé remettre en question mon schéma de la réussite."

18 octobre 2020
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A 29 ans, Mathilde a un diplôme d’école de commerce et un plan de carrière dans le e-commerce au sein d’un grand groupe. Tout lui réussit quand elle regarde les objectifs qu’elle s’est fixés. Un schéma de la réussite construit au fur et à mesure de ses études et rarement questionné : travailler pour une marque internationale, être reconnue, avoir des responsabilités, construire une carrière linéaire, évolutive...

Et pourtant, en décembre 2019 elle ose affirmer haut et fort que cette vie ne lui réussit pas et démissionne de son job.



TFC : A 29 ans, tu as un diplôme reconnu, un CDI, un bon salaire, tu décides de tout quitter. Pourquoi ? 

Je faisais du bon travail, j’étais reconnue pour ce que je faisais, mon poste se développait, on m’avait promue Manager. J’avais coché de nombreuses cases de ma “to do list” de la réussite. Et pourtant, il y a une partie de moi qui devait reconnaître que ça n’allait pas. Rétrospectivement, depuis le début je n’étais pas à la bonne place. Je me suis pendant longtemps voilé la face sur les raison de mon mal-être au travail. 



TFC : Tu as démissionné de ton job en décembre 2019. Est-ce que ça a été facile ? 

J’ai mis 6 mois à mûrir la décision mais c’était la meilleure chose qu’il fallait que je fasse. Le plus difficile c’était de me lancer vers l’inconnu. Je suis quelqu’un de très pragmatique et j’ai toujours eu un schéma de la réussite dans ma tête qui était très organisé. L’idée de démissionner sans avoir quelque chose derrière n’était pas envisageable pour moi il y a encore 1 an. J’ai du faire un travail sur moi-même pour ne pas le voir comme un échec. 


TFC : Comment as-tu sauté le pas ?

Est arrivé un jour où je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de laisser le temps passer et que je prenne le temps de bien réfléchir et de prendre les bonnes décisions. Il y a eu un déclic lors d’une formation où je suis allée à l’encontre de ma personnalité pendant 3 jours et j’en suis sortie complètement épuisée. Je me suis dit “Mathilde tu te bats contre ce que tu es vraiment, tu n’es pas à la bonne place”.


TFC : Comment as-tu fait pour questionner ton schéma de la réussite ?

Jusqu'à il y'a peu de temps (et j’y travaille au quotidien), j'avais besoin de la reconnaissance des autres pour avoir l'impression de réussir. Forcément, ma réussite était conditionnée à ce que la société et mon environnement considèrent comme tel : travailler pour une marque reconnue, évoluer rapidement, prendre des responsabilités... 

Ma décision de démissionner sans avoir de plan derrière, c'était le premier grand pas vers une nouvelle définition de ma réussite. Il fallait assumer d'être au chômage. Je ne rentrais plus dans les cases de mon plan de carrière et je me disais que j'allais perdre la reconnaissance des autres qui était si importante pour moi.  

Finalement, j’avais tort.  De nombreux proches, collègues et amis ont trouvé ma décision courageuse. 

Après, j’ai pris du temps pour faire le point sur ce que je voulais vraiment, sur ce qui comptait pour moi. Et, l'Exploration de Ticket for Change m'a énormément aidé à redéfinir le concept de réussite. Pendant ce week-end, j'ai pris conscience que je pouvais me réinventer à l'infini et que la seule réussite qui compte c'est de se sentir alignée entre sa personnalité, ses valeurs et son travail. 


TFC : Où en es-tu aujourd’hui, 10 mois plus tard ?

J’ai rejoint, il y a quelques semaines, une entreprise à impact, La Vie est Belt en tant que responsable du marketing digital. La Vie est Belt est une marque d’accessoires de mode upcyclés, fondée par Hubert Motte et qui a suivi le Parcours Entrepreneur de Ticket for Change en 2018. Un bel exemple du pouvoir de la communauté. 

Je suis super contente et très stimulée par mon travail. Je me sens totalement en phase avec les personnes avec qui je travaille, Je suis heureuse de me lever le matin car je suis beaucoup plus alignée avec mes valeurs. J’ai l’impression d’être beaucoup plus à l’écoute de moi-même et je me sens plus libre. D’ailleurs, je me rends compte que je suis beaucoup moins dépendante de la reconnaissance de mes pairs. Certainement, car je suis beaucoup plus fière de ce que je fais. 


TFC : As-tu réussi à faire de cette période de chômage une opportunité ?

Je suis partie en Patagonie pendant 2 mois, j’ai fait un trek de 8 jours en autonomie et j’ai fait plein de choses qui me faisaient peur. L’idée était de reprendre confiance en moi, en mon potentiel. Je devais intégrer l’idée que je n’étais pas en échec dans ma vie professionnelle mais juste en pause ou en transition.

Il fallait que je reparte sur une voie positive à ce niveau là. Je suis plutôt fière d’avoir passé cette période, d’avoir pris autant de de temps pour moi, de ne pas avoir lâché. J’ai l’impression de mieux me connaître. 

Les conseils de Mathilde


👉 Une vidéo que tu conseillerais : The Power of Vulnerability, Brené Brown

👉 Une passion que tu recommandes : La couture

👉 Un citation qui te donne de l’énergie : Il n'y a pas de différence entre un pessimiste qui dit "Oh c'est sans espoir, inutile de faire quoi que ce soit". et un optimiste qui dit "Inutile de faire quoi que ce soit, de toute façon, tout ira bien." Dans un cas comme dans l'autre, il ne se passe rien."Yvon Chouinard

Sophie Delile
Marketing & Communication
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